Communiqué de
presse

Règlement

Les partenaires

Le jury

La journée de
remise du prix

Lire en fête le
21 octobre à Talcy

Histoire de Talcy

Le jardin de Talcy

Talcy et la littérature


Les jardins et
la littérature


Les nouvelles primées
et sélectionnées

 
Les jardins et la littérature

Quelques extraits de textes littéraires autour du jardin

" La vie de château comptait quinze plaisirs, dont le quatorzième était de se rendre en son verger. C'était un " asile de lumière " ; une miniature de livres d'heures : quelques lys et quelques pommiers. Le seigneur s'y faisait asseoir sur une pelouse. Il y pensait à ses desseins et à ses guerres, à ses maçons, à ses vassaux ; à ses chevaux et ses gens d'armes ; il y songeait au train du monde, à ses batailles, à ses rides, à ses morts. A ses maximes et à ses héritages.

Tout commença par un jardin, nous dit la Bible.
Tout y finit.
Quelque serviteur l'éventait.
Il caressait sa barbe blanche.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand ! "

Alexandre Vialatte, Chroniques des grands micmacs, éd. Julliard, 1989

 

" Yahvé Dieu planta un jardin en Eden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. (...) Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : " Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le Jour où tu en mangeras, tu en mourras certainement. "

Ancien testament, Le Jardin d'Eden, éd. Société biblique française, 1978

 

L'Hypnerotomachia Poliphili ou le Songe de Poliphile, écrit dans les années 1480 par Francesco Colonna (?), a joué un rôle fondamental dans la création des jardins de la Renaissance. Les gravures qui illustrent ce texte, explicitent deux caractères essentiels du jardin humaniste : l'artifice et la mise en scène théâtrale. Artifice des bosquets entourés de canaux, des pergolas couvertes de rosiers, des ruines antiques et des sculptures, mise en scène de la jouissance dans ce jardin où Poliphile rêve de trouver les secrets de l'amour.

Phd expert Research Paperwriter free research papers expert writers. . click here
http:/joueraupokergratuit.info adoucisseur Transport maritime
Transport logistique    

" C'était, au delà de ce qu'on pourrait dire, un lieu de récréation tout empli de délices, à la fois jardin potager, botanique, verger plantureux, aimable réunion d'arbres verts, de gracieux bosquets, d'arbustes charmants. Ce n'était point une contrée montagneuse, sans chemins et déserte ; c'était une région dont toute broussaille avait été enlevée. C'était une plaine unie, égalisée, se continuant jusqu'aux pieds des degrés arrondis d'un théâtre admirable. Les arbres, joliment rangés, étendaient au loin leurs rameaux productifs. C'était un jardin incomparablement fait pour le plaisir, d'une fécondité extrême, plein de fleurs charmantes, décoré de fontaines inépuisables et de frais ruisseaux. (...) Cet endroit était tout empli de belles touffes d'arbres épais étalant le spectacle d'une magnifique verdure. La brise y circulait toute chargée de l'arôme des fleurs. Le sol y était en entier tapissé d'herbes, de frais romarins, de prés fleuris. On y trouvait tous les plaisirs et tous les biens, quantité de fruits assortis au mieux, dans un feuillage perpétuellement vert et jamais caduc. Les chemins y étaient bordés de plantes ; de nombreux rosiers y formaient des berceaux. "

Francesco Colonna (?), Le Songe de Poliphile, éd. Imprimerie nationale, 1996

 

" Le printemps venu, Pécuchet se mit à la taille des poiriers. Il n'abattit pas les flèches, respecta les lambourdes, et, s'obstinant à vouloir coucher d'équerre les duchesses qui devaient former les cordons unilatéraux, il les cassait ou les arrachait invariablement. Quant aux pêchers, il s'embrouilla dans les sur-mères, les sous-mères et les deuxièmes sous-mères. Des vides et des pleins se présentaient toujours où il n'en fallait pas, et impossible d'obtenir sur l'espalier un rectangle parfait, avec six branches à droite et six à gauche, non compris les deux principales, le tout formant une belle arête de poisson.

Bouvard tâcha de conduire les abricotiers ; ils se révoltèrent. Il rabattit leurs troncs à ras du sol ; aucun ne repoussa. Les cerisiers, auxquels il avait fait des entailles, produisirent de la gomme. "

Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, éd. Folio-Gallimard, 1999

 

" C'est ainsi que croissent la plupart des végétaux, faisant confiance aux vertus de la vitesse, de la violence et, à proprement parler, précipitation du désir, pour former ces nìuds, embarras, embouteillages éclatants où les graines se créeront.

Ainsi tournent les derviches, certaines danseuses. Ainsi dans les bouches tournent les langues, se forment les paroles...

Et c'est alors que les ailes, les bras peuvent retomber, les boucliers, les plateaux être rabaissés. Oui, c'est alors, c'est ainsi que les ramures fanent, les fruits, globes graineux, restant suspendus en l'air, comme dans les cieux les étoiles, les astres, ces provisions de vie, ces bombes qui éclateront et se parsèmeront en temps utile, si besoin est.

Voici donc d'une part les fruits, et d'autre part (mais c'est la même chose) les étoiles, les astres, les ampoules, ces globes, sources, ballons de lumière.

C'est la provision de vie future qui brille si intensément, si calmement, assurée de son pouvoir, radiant et joyeux, de re-semer la vie. "

Francis Ponge, L'Asparagus, in Lyres, éd. Gallimard, 1967

 

" Aux côtés de la cour, on voit un grand jardin, avec ses quatre arpents enclos dans une enceinte. C'est d'abord un verger dont les hautes ramures, poiriers et grenadiers et pommiers aux fruits d'or et puissants oliviers et figuiers domestiques, portent, sans se lasser ni s'arrêter, leurs fruits ; l'hiver comme l'été, toute l'année, ils donnent ; l'haleine du Zéphyr, qui souffle sans relâche, fait bourgeonner les uns, et les autres donner la jeune poire auprès de la poire vieillie, la pomme sur la pomme, la grappe sur la grappe, la figue sur la figue. Plus loin, chargé de fruits, c'est un carré de vignes dont la moitié, sans ombre, au soleil se rôtit, et déjà l'on vendange et l'on foule les grappes ; mais dans l'autre moitié, les grappes encore vertes laissent tomber la fleur ou ne font que rougir. "

Homère, L'Odyssée, chant VII

 

" Otoko connaissait bien tous ces jardins. Cette année, lorsque la saison des pluies avait pris fin, elle s'était rendue au Saihô-ji avec l'intention d'en faire quelques croquis. Elle ne pensait pas être capable de peindre le jardin ; elle désirait seulement s'imprégner de la force qui en émanait. (...)

Dans le jardin du Temple des Mousses un camélia rouge était tombé sur la mousse humide d'un vert éclatant, jonchée de petites andromèdes blanches. Le camélia tournait sa corolle vers le haut, comme s'il avait fleuri sur la mousse. Et, dans le jardin du Ryôan-ji, les pierres que la pluie avait mouillées miroitaient chacune à sa manière. Sur toutes les branches, à l'extrémité de chaque aiguille, une gouttelette de pluie perlait. Les aiguilles de pin avaient l'air de tiges où se seraient épanouies des fleurs de rosée. Ces fleurs délicates, écloses sous la pluie de printemps, échappaient le plus souvent à l'attention. "

Yasunari Kawabata, Tristesse et beauté, éd. Albin Michel , 1981

 

Le poète Rainer Maria Rilke fit du jardin le thème principal de ses correspondances, écrites en français, avec Mademoiselle Antoinette de Bonstetten, de 1924 à 1926 à qui il demande conseil pour aménager le jardin du château de Muzot situé dans le Valais, en Suisse.

" (...) Muzot va commencer, je le sens, une nouvelle ère avec son jardin réorganisé, que dis-je : organisé, ordonné pour la première fois. Grâce à vous, ces quelques parterres vagues se repenseront, comme dirait Valéry, et prendront conscience de la maison dont ils seront la page de garde. Et leur ordre influencera à son tour la maison, devenue un peu terne et morose sous l'assombrissement de son occupant d'abord et ensuite par son absence prolongée. Devant une maison massive et sévère comme un chanoine du Moyen Age, il faudrait que le jardin s'étalât comme les pages ouvertes d'un bel antiphonaire illuminé. Il faudrait qu'il osât proposer sur cinq lignes une musique précise. Jusqu'ici de ma pauvre terrasse désorientée émanait un bruit épars où la mélodie n'apparut que par le caprice d'un hasard indifférent et distrait. Ah, venez, chère Mademoiselle, donner à mes fleurs quelques idées. Il m'a toujours semblé qu'elles pensent du vide par manque d'éducation."

" (...) Est-ce qu'il y avait toujours tant de dangers, tant d'hostilités absurdes, tant de menaces de maladie dans chaque jardin ? Est-ce que les jardins d'autrefois, avec leurs fleurs simples et pieuses, n'étaient pas moins menacés, avant que la chimie ne s'y était mêlée...? Le mien quelquefois me semble un hôpital de fleurs ; si vous y passiez, vous ne sortiriez point de votre métier actuel d'être parmi des malades. "

" (...) Hélas, pour dire tout, il faudrait savoir toutes les langues. Je me rappelle, par exemple, qu'une des premières raisons de me passer une poésie française fut l'absence de tout équivalent à ce délicieux mot : Verger... "

Rainer Maria Rilke, Lettres autour d'un jardin, éd. La Délirante, 1981

A suivre...


accueil I Communiqué de presse I Règlement I Les partenaires I Le jury I La journée de remise du prix I

Lire en fête le 21 octobre à Talcy I Histoire de Talcy I Le jardin de Talcy I Talcy et la littérature I

Les jardins et la littérature I Les nouvelles primées et sélectionnées

Photo : Pascal Lemaître © C.M.N., Paris
home insurance
Prix-litteraire-jardins.com - Prix-litteraire-jardins.com arhiv 1 arhiv 2 arhiv 5 arhiv 6