Le château de Talcy fut tout au long des siècles
précédents une "maison des champs" de laquelle dépendaient
de nombreuses fermes et terres.
Toutes les structures actuelles de la propriété
- le colombier, le jardin clos de murs, le parc et la garenne,
mais aussi le domaine agricole - ont été mises en
place à la Renaissance par les propriétaires, les
Salviati.
Au XIXème siècle, le domaine a connu un premier
démantèlement. En perdant ses terres, il perd également
son statut de centre d'une exploitation agricole : le château
conserve alors son seul parc clos de murs et sa garenne, cette
dernière devant revenir à la commune lors de la
vente à l'Etat en 1933.

L'aménagement actuel
La permanence des structures du jardin tout au long des siècles
passés ainsi que la vocation nourricière et productive
de ce grand enclos ont motivé le choix d'un parti de restauration
qui s'appuie sur la composition existante, mais qui propose une
nouvelle image des lieux. Sur les traces de l'ancien potager -
verger, un verger conservatoire est progressivement établi.
Le choix des variétés fruitières est réalisé
à partir des listes du XVIIIème siècle retrouvées
dans les archives abondantes de Talcy, et complétées
par des variétés locales du Blésois.
Dans le bois, petite parcelle rescapée de l'ancien parc
qui s'appuyait sur toute la longueur du mur Nord, on a procédé
à un nettoyage et une reprise sylvicole. L'accent a été
mis sur le tracé des allées en "patte d'oie",
avec un soin tout particulier pour l'allée centrale, axe
principal du jardin formant une perspective qui se perd à
l'horizon. Cette perspective a été rouverte, par
l'enlèvement des arbres parasites et par la constitution
d'un "ha-ha", et l'allée a été bordée
d'une charmille qui canalise le regard vers la ligne d'horizon.
Le dessin général du parterre reprend celui des
parterres des siècles précédents, mais les
détails de composition, jamais précisés dans
les documents historiques, ont fait l'objet d'une création
qui s'appuie sur les caractéristiques du jardin de Talcy
: présence des arbres fruitiers et simplicité d'une
demeure rurale. Les parterres permettent une savante transition
entre la banalité industrieuse des cours et la richesse
vivrière du verger.
L'esprit de la maison des champs classique a donc été
strictement respecté et son architecture parfaitement conservée.