Je fus dans des jardins d'incertaine prière,
était-ce en rêve ? Je marchais,
tremblant de désir et de nuit je m'avançais
vers un secret d'or ardent et de flammes.
C'était la nuit du cœur, les mots manquaient.
L'ai-je vu qui brûlait en sa propre lumière,
Sans visage, sans mains, pur don du feu ?
Enveloppée de mort et d'ombre se peut-il,
dieu très lointain, que ta lumière nous refuse,
nous qui ne sommes que langage et qui mourrons
sans avoir prononcé le nom de notre mort ?

Jean Yves Masson, Onzains de la nuit et du désir (extrait), éd. Cheyne, 1995

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