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De
l'autre côté du jardin, je me prélasse. Sur un terrain
vague, aux collines plutôt plates, je m'étends. A l'ombre
du soleil brun, je le confesse, le jardin m'endort, je le protège,
et il m'invente...
Mais ce jardin, Madame, pour qu'il naisse et renaisse encore, il faut
être deux.
Il faut être deux, moi, je vous l'offre, invitez-moi.
[...]
Je pourrais vous dire bien d'autres façons de nouer ou de dénouer
cette histoire, d'autres façons d'entrer ou de sortir de jardins
passagers plus ou moins matériels, toutes ces façons n'ont
aucune importance. Les plus beaux, les plus vrais jardins, sont dans les
regards.
Samir Makhlouf, Le jardinier de quinze soirs (extraits),
éd. sens&tonka, 2000
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