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"La
vie de château comptait quinze plaisirs, dont le quatorzième
était de se rendre en son verger. C'était un " asile
de lumière " ; une miniature de livres d'heures :
quelques lys et quelques pommiers. Le seigneur s'y faisait asseoir sur
une pelouse. Il y pensait à ses desseins et à ses guerres,
à ses maçons, à ses vassaux ; à ses chevaux
et ses gens d'armes ; il y songeait au train du monde, à ses
batailles, à ses rides, à ses morts. A ses maximes et à
ses héritages.
Tout commença par un jardin, nous dit la Bible.
Tout y finit.
Quelque serviteur l'éventait.
Il caressait sa barbe blanche.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand !"
Alexandre Vialatte, Chroniques des grands micmacs,
éd. Julliard, 1989
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