Création du Prix littéraire des jardins
Organisé par monum, Centre des monuments nationaux
dans le cadre de la manifestation Lire en fête

Appel à participation à un concours de nouvelles dans le cadre de " Lire en fête " au château de Talcy jusqu'au 20 août 2001 Le château de Talcy et son jardin, cadre rêvé pour l'écriture, ont suscité la création du Prix littéraire des jardins qui sera décerné à l'automne.

" Mignonne, allons voir ... ", ces vers de Ronsard ont traversé les siècles : ils étaient destinés à Cassandre, fille du propriétaire du château de Talcy. Situé dans la " petite Beauce " à 26 km de Blois, le château de Talcy, charmante demeure seigneuriale Renaissance, a été construite vers 1520 par Bernard Salviati, l'un des principaux banquiers florentins attachés à la cour de François 1er et cousin de Catherine de Médicis. La charge poétique du lieu a également inspiré Agrippa d'Aubigné qui nouera une idylle avec Diane Salviati, nièce de Cassandre.

Destiné aux écrivains, amateurs ou déjà reconnus, ce concours a pour thème le Jardin, au sens le plus large. Trois à cinq nouvelles sont requises pour participer. La clôture du concours est fixée au 20 août, date à laquelle les manuscrits devront être remis.
monum, le Centre des monuments nationaux, décernera au lauréat un prix d'un montant de 20 000 F ou 3049 euros.

Aujourd'hui, une vie nouvelle est offerte au château de Talcy avec le réaménagement de son jardin par l'Etat. Un "verger conservatoire" met en valeur de nombreuses variétés anciennes d'arbres fruitiers, mentionnées dans les archives du XVIIIe siècle. La réhabilitation contemporaine du jardin trouve ses fondements dans l'histoire : la restauration des liens qui existaient entre la maison des champs et son domaine agricole. Cette relation paysagère très forte a été recherchée par tous les propriétaires, de la Renaissance au XVIIIe siècle. De ses fenêtres, le maître pouvait ainsi observer la nature ordonnée, domestiquée et productive.

La remise du Prix

C'est dans le cadre de la manifestation nationale "Lire en fête", que se tiendra la remise du Prix le 21 octobre prochain. La saison des pommes et des poires battra son plein et les visiteurs pourront participer à une " mise en bouche " imaginée par des comédiens pour tisser à nouveau des liens entre les finesses de la littérature et les saveurs du lieu...

Informations :
adoue
Centre des monuments nationaux
Hôtel de Sully
Annelise Signoret
62 rue Saint-Antoine 75004 Paris
tél. 01 44 61 21 59
Château de Talcy
Gilles de Langsdorff
41370 Talcy
tél. 02 54 81 03 01





 

L'histoire de Talcy commence essentiellement lorsque Bernard Salviati achète en 1517 le manoir de Talcy et ses dépendances situés dans le terroir de la Beauce.

Ce banquier florentin, attaché à la cour de François 1er est parent des Médicis. C'est ainsi que les 28 et 29 juin 1562, le fils de Bernard, Jean Salviati, reçoit à Talcy sa cousine, Catherine de Médicis, accompagnée du jeune Charles IX. Elle y attend le prince de Condé, alors qu'elle a envoyé les chefs catholiques à Châteaudun. En fait, Condé ne viendra pas à Talcy et les négociations échoueront.

Mais c'est surtout à la littérature que Talcy doit sa renommée. En 1545, Ronsard, né dans le Vendômois, rencontre lors d'une fête à la cour de Blois, la fille de Bernard Salviati, Cassandre. Celle-ci a quatorze ans, Ronsard vingt et un ans. Naît une histoire d'amour inaccessible, à moitié mythique, tel l'amour courtois des troubadours. Il nous vaudra de nombreux poèmes, écrits même après le mariage de Cassandre, l'année suivante, avec un seigneur plus fortuné que Ronsard.

Quelques années plus tard, en 1571, c'est à Talcy que naîtra une passion véritable entre Diane Salviati, la petite-fille de Bernard, et Agrippa d'Aubigné. Très éprouvé par la guerre, ce seigneur huguenot est revenu sur ses terres, situées non loin de Talcy. A la Saint-Barthélemy, il trouve refuge à Talcy auprès de Jean Salviati, catholique tolérant. L'amour qu'il éprouve alors pour sa fille Diane lui inspirent ses premiers poèmes. Il lui enverra plus de 6 000 vers dont l'ensemble compose le recueil intitulé " le Printemps ". Fiancés, ils ne pourront finalement se marier en raison d'oppositions familiales dans ce contexte des guerres de religion.  

Talcy reste dans la famille Salviati jusqu'en 1668. Le donjon gothique a été remanié par Bernard Salviati qui lui adjoint deux ailes formant corps de logis. L'aile en retour sera l'Ïuvre d'une de ses filles qui fera aussi l'achat de nouvelles terres.

Le domaine passe ensuite dans différentes mains jusqu'à 1704, date à laquelle la famille Burgeat en prend possession. Trois générations de cette famille, issue de la grande bourgeoisie protestante et anoblie vers 1720, vont s'attacher à la réfection de toute la propriété : on fait renouveler les charpentes du corps de logis, les pavements, les fenêtres, les boiseries, les portes, poser des cheminées de marbre et restaurer entièrement les appartements. L'aspect général de l'intérieur de cette demeure au XVIIIe siècle est celui qui nous est parvenu. Les meubles mêmes sont ceux des propriétaires d'alors, ce qui est exceptionnel. Les jardins bénéficient aussi de nombreux travaux d'embellissement : replantation du verger et réfection des murs, du perron, du vivier, création de l'allée plantée de la garenne, construction de l'orangerie etc.

A sa vente en 1780 à la famille Gastebois, le domaine apparaît comme opulent et prospère :
" les parterres et jardins contiennent 13 arpents, enfermés de murs neufs couverts de treillages peints en vert et garnis des plus beaux espaliers de 500 toises... ". Le verger regorge d'arbres fruitiers taillés en " bouillon ", en éventail ou dressés en plein vent, en boule ou en entonnoir.

Mais en 1835 a lieu le partage du domaine entre les descendants de la famille Grosbois, les Vincens / Stapfer. A partir de cette date et en raison de difficultés économiques générales, les éléments du domaine qui ne rapportent pas sont voués à disparaître : les orangers sont vendus et 78 hectares du parc sont défrichés pour fournir des terrains à bailler au fermier de la Basse-cour.

La famille Stapfer fait classer le château parmi les monuments historiques en 1908 et finit par le vendre à l'Etat en 1933 pour permettre au public de le visiter.

Le jardin de talcy
Prix-litteraire-jardins.com - Prix-litteraire-jardins.com arhiv 1 arhiv 2 arhiv 5 arhiv 6